LEONORE DIDIER // Laisse venir !
Conception et interprétation Eléonore Didier
Collaborations Michèle Moulonguet, Corinne Petitpierre, Stéphane Babi Aubert
« Laisser » et « venir » sont deux verbes, des actions qui convoquent des états de corps presque opposés : le premier pointe en direction de la passivité; on imagine la texture du second franchement active. Je suis frappée et intéressée d'apprendre que les mœurs grecques et romaines ne distinguaient pas l'homosexualité de l'hétérosexualité, mais un comportement passif d'un comportement actif... qui sont aujourd'hui communément distribué en fonction du genre biologique de chacun. La femme étant passive, l'homme actif. Dans « Le sexe et l'effroi », Pascal Quignard décrit l'homme désirant comme un être plongé dans la pétrification, c'est à dire dans l'érection. (Il considère d'ailleurs cette dernière comme la première forme de la statuaire.) Selon lui, le membre viril en érection est désigné en latin par le mot fascinus. Or fascinus serait aussi la racine au mot fasciner. Cette pièce est une déambulation à travers cette réflexion suggérée par ce grand auteur, rapprochant les notions de désir, de pétrification et de fascination.
Après avoir fouillé et jeté, Laisse venir est une forme courte, égermée de ce qu'il en reste et qui pourrait s'apparenter au fragment, si bien défini par Roland Barthes dans ces termes: « quelque chose comme une frappe, qu'on eut appeler autrefois un vers », et considéré par lui comme l'endroit d'un réel enjeu d'écriture.