FLORENT DELVAL - LENAIG LE TOUZE // UNE DANSE SIMPLE
performance

Une Danse Simple

 


La première fois que je suis partie au Burkina Faso, j’ai suivi avec Raphaël une formation
de danse « dialogues de corps », à Ouagadougou. Je n’étais pas habituée à une pratique
si intense. Je sentais mon corps souffrir et ça me mettait en rage. Raphaël m’a regardé en
riant : « Tu sais pourquoi tu ne danses pas ? Ce n’est pas lié à la difficulté du mouvement.
C’est que c’est impossible de danser sans respirer !»
La deuxième fois que je suis partie au Burkina Faso j’ai passé une semaine à danser le
coupé décalé dans les maquis de Ouagadougou, deux semaines chez un danseur
traditionnel à Bobo-dioulasso à suivre des cours avec un musicien, et la 4ème semaine à
la capitale au lit avec zéro de tension. J’avais fait l’apprentissage d’un rythme.
La dernière fois que je suis partie au Burkina Faso, je m’entraînais le matin avec les
danseurs. Un jour j’ai fini par demander: « D’où part le mouvement selon toi ? » Il m’a
répondu simplement : «La base de la danse ici c’est de monter et descendre. Comment
fais-tu pour marcher ? Tu es bien obligé de monter et descendre n’est-ce pas ? La danse
traditionnelle part de ce mouvement »
(…)


Une danse simple, pour nous, ça pourrait être un peu tout ça.
Faire quelque chose de toutes les expériences que l’on a traversées et oubliées
Vérifier ce que l’on a entendu là et là :
Danser c’est monter et descendre
Danser c’est compter
Danser c’est être ensemble
Danser c’est marcher
Danser c’est respirer
Danser c’est s’amuser
Se rappeler que tout le monde danse avec des corps non travaillés
Etre un peu bête, et faire les choses au pied de la lettre
Chercher l’évidence
On ne danse pas très bien alors on va essayer de faire simple.
Chaque jour de recherche s’organise de la même manière : à partir de quand monter
descendre devient une danse. Et compter, est-ce qu’à force de compter on se met à danser ?
1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8…
Et maintenant ?
Hum… Je sais pas…
Et là ? 1 et 2 et 3 et 4…
Oui, un peu plus.
Et maintenant ?
Refais pour voir…
Et là qu’est ce qu’on voit ?
Vous voyez ?

 


Lenaig Le Touze

Je suis née en 1975. J’ai suivi des études de droit et me suis formée au métier de
projectionniste. L’université de Rennes 2 sous l’impulsion de Bruno Tackels m’a permis de
faire ma propre formation de théâtre à la fin des années 90 avec surtout des acteurs du
Groupe T’chang’ créé par D-G Gabily (nadia vonderhayden, denis lebert, nicolas
bouchaud). J’ai été interprète dans deux spectacles de Cédric Gourmelon en 2001 et 2002
( Dehors devant la porte de W. Borchert et La princesse blanche de R-M Rilke), puis de
François Tizon en 2004 et 2007 ( Mélancholia 1, dernière partie de Jon Fosse et Les jeunes
filles d’après A la recherche du temps perdu de M.Proust). En 2005 j’ai suivi la formation
Exerce chez Mathilde Monnier et ai travaillé pour la dernière création de Joao Fiadeiro ( Où
va la lumière quand elle s’éteint ?)


Florent Delval

Travaille en tant qu’interprète, metteur en scène, dramaturge et critique.
En tant que critique, travaille pour Mouvement (France) Obscena (PT) Flux
News (B)
Après des études de littérature et de cinema, et avoir réalisé quelques
documentaires, j’ai décidé de m’engager dans une pratique théâtrale puis,
après une rencontre avec Joao Fiadeiro et Maria La Ribot. Je me suis orienté
vers la danse. Après quelques années en autodidacte, à travers des workshops
ou des classes, j’ai participé à un travail de recherche avec Joao Fiadeiro et je
travaille maintenant avec divers jeunes artistes : Tiago Guedes, Anne Juren,
Lucie Eidenbenz, Kim-Lien Desault, Randy Careno, Samuel Zarka, Delphine
Jonas.
Ces dernières années j’ai présenté mon travail dans différentes ville d’europe :
Berlin, Barcelone, Anvers, Francfort, Vienne, Lisbonne etc…
Depuis 2007 je fais partie du groupe de recherche organisé par la Mekanica,
Barcelone, et collabore avec des atistes du bassin mediterranéen.
En 2008, je commence la formation Advenced Performance Trianing (APT) à
Anvers.